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NOTRE HISTOIRE

1920 1930 1940 1950 1960 1980 1990 2000 2010

1920

l'association naît de la désaffection du public pour le cinéma

La pub s’impose de plus en plus — et même trop — dans la presse. La sonnette d’alarme est tirée par Jules Flament et Edouard de Tallenay, membres fondateurs et futurs présidents, lors d’un constat qu’ils publient dans le journal La Nation belge en 1924.
Le premier dénonce par ailleurs: "Le public, et nous voulons dire par là, artistes, écrivains, journalistes, peintres, instituteurs et les familles de ces intellectuels — à Bruxelles, cela représente tout de même quelques milliers de personnes — eh bien, ce public, cette clientèle, ne va pas au cinéma. Tout simplement parce que la plupart des films qu’on y présente n’intéressent pas." De quoi faire un peu sourire, aujourd'hui...
Pour corriger le tir, Flament et Tallenay fondent le ciné-club Les Amis du Cinéma à Bruxelles, à de nobles fins éducatives. Leur mission: rencontrer le public et "lui expliquer" le cinéma. Ils plaident alors également pour la projection de films dans l'éducation.



A l'origine, 7 journalistes
En 1925, l'Association Professionnelle de la Presse Cinématographique Belge (l'ex UPCB) voit le jour. À sa tête, 7 pionniers: Edouard de Tallenay (La Nation Belge), Carl Vincent (L'Indépendance Belge), Arthur Michel (La Gazette), Julien Flament (Cinéo) Pierre Bourgeois (INR), Joris De Maegt (Het Laatste Nieuws) et Henri de Broudère (L'Étoile Belge).
L’APPCB prend quartiers à la Maison de la Presse au 48 rue de l'Écuyer, Bruxelles, au premier étage de l'immeuble Vanderborght Frères. L'endroit recèle un billard, un piano à queue et un mobilier plus que confortable. Banquets, réceptions, accueil de confrères étrangers en font un lieu très fréquenté. Sans compter que la restriction d'alcool due à la récente loi dite Vandervelde n'y est pas d'application car "club privé".
Le 18 août, ils sont 11 affiliés à se décerner le titre de membre fondateur. En plus des 7 vaillants de la toute première heure, on trouve Emmanuel Vossaert (Le Soir), Marcel De Ceulener (Het Laatste Nieuws), Octave Steghers (Standaard) et Charles-André Grouas (L'Indépendance Belge). Ils gèrent l'association ensemble jusqu'au 8 mars 1929, date à laquelle elle ne compte encore que 19 membres. Les formalités et les conditions d'admission, très sévères, sont définies dès le 18 décembre 1926. À cette époque, la Maison de la presse de Bruxelles abrite une dizaine de groupements, comme le Syndicat de la presse d'information ou l'Association des journalistes sportifs.

Création d'une caisse d'entraide
En 1925, à l'occasion des 30 ans du cinéma, l'Association organise un banquet en l'honneur de Raoul Grimoin-Sanson, l'un des précurseurs du cinéma.
Le 30 avril 1926, en guise de première manifestation publique officielle, l'Association patronne une représentation du film belge de Jean Velu La Forêt qui tue, au profit de l'Œuvre des Tuberculeux de la guerre. Sont présents les réalisateurs français Léon Poirier, Abel Gance et René Clair.
La caisse d'entraide, créée le 14 février 1927, est l’une des premières initiatives prises pour défendre l'intérêt de ses membres, à une époque où la sécurité sociale reste marginale.



Très vite, histoire d'asseoir sa notoriété, l'association initie ses célèbres galas.
Les équipes de tournages internationaux fréquentent volontiers les studios cinématographiques de Machelen, aménagés en 1922 — où Jacques Brel réalisera d’ailleurs son film Le Far West en 1973. Ces équipes, donc, se joignent aux membres de l'Association pour des déjeuners cordiaux. Ce fut le cas lors des prises de vues du film Le juif polonais d'Harry Southwell. Si ces studios sont désormais désertés, ceux de Leeuw-Saint-Pierre (Studios Monev) accueillent de nos jours d'importants tournages internationaux.
À 5 ans et recensant 26 membres, l’Association traverse déjà une crise de croissance. Elle remanie alors complètement ses statuts. Léon Duwaerts, secrétaire général de l'Association Générale de la Presse Belge (AGPB) et travaillant auprès de l'Agence Belga, est rapidement proposé comme président. Bien qu'il n'ait jamais rien publié sur le 7e art, il a été considéré comme une personne pouvant garantir le sérieux et ainsi le bon démarrage de l'association.

1930

début d'une période dorée



Raoul Grimoin-Sanson est l'inventeur du projecteur à échappement. Le Bourgmestre-Ministre d'État Xavier Neujean et lui sont invités d’honneur en janvier 1930, à Liège, lorsque l'Association installe la plaque commémorative de la toute première projection cinématographique en Wallonie. Projection qui eut lieu 24 ans auparavant, le 27 septembre 1896, au 6 rue de la Cathédrale.
En 1930, l'Association Professionnelle de la Presse Cinématographique Belge, vient très activement en aide au secteur du cinéma, et du cinéma belge en particulier. L’APPCB encourage la création de l'Union Belge des Cinéastes Amateurs, qui regroupe les opérateurs de prises de vues et les scénaristes amateurs. Leur Union se destine à la promotion du cinéma indépendant en Belgique.
Cette même année, l'Association tremble sur son socle: André de Sormani, titulaire de la rubrique ciné à Midi-Journal, et Charles Guillaume, fondent l'Union Professionnelle de la Presse Cinématographique Belge.
L’UPPCB prend elle aussi quartiers à la Maison de la Presse de Bruxelles. Les dirigeants de l'APPCB font d'emblée des ouvertures à la jeune UPPCB en vue d'une fusion. Les pourparlers échouent, chacun des présidents s’accrochant à son titre. L'existence de l'UPPCB s’avère finalement de très courte durée. Mais le groupement a le grand mérite d’avoir réuni les reporters d'actualités en une section spéciale et de les avoir dotés, pour la première fois, d'une carte de presse.
Le Bruxelles de 1930 voit aussi naître la Fédération internationale de la presse cinématographique, future FIPRESCI, grâce à quelques membres-fondateurs de l'APPCB. La Belgique, pionnière, contribue ensuite largement à l’essor de la Fédération, essentiellement dans les années 1930, et continuera longtemps à jouer un rôle très actif en son sein, tant au niveau national qu'international.



Expansion et actions
Le 4 février 1931, la section anversoise de l'Association voit le jour. Elle organise son premier gala le 16 octobre 1931 au cinéma d'Odéon, avec le film L'Aiglon de Leonard Tourjanski. En 1931 également, Bruxelles accueille la toute première compétition de films amateurs. Cinq pays participent. Et le 2 décembre de la même année, suite aux protestations justifiées de la presse belge au sujet des actualités, le propriétaire de Pathé, Bernard Natan, annonce aux membres qu'une place majeure et particulière sera désormais accordée aux événements liés au cinéma en Belgique. Cela afin de mettre en avant les actualités belges dans les journaux cinématographiques et de permettre un meilleur accueil de la part du grand public.

Semaine du Cinéma, à Bruxelles
En 1932, Julien Flament, président très actif de l'Association, a organisé un déjeuner en l'honneur de Maurice Chevalier, nommé aux Oscars deux ans plus tôt, à la Rôtisserie du Bon Marché de Bruxelles. En décembre de la même année, l'Association, déjà reconnue, initie la Semaine du Cinéma de Bruxelles. Qui attire des vedettes comme Harold Lloyd, Raimu, Jean Gabin, Victor Francen et Albert Préjean. Mais outre cette affiche prestigieuse, la manifestation a comme mission prioritaire de proposer des démonstrations pédagogiques afin de souligner la possible contribution positive du cinéma, alors encore relativement jeune, à l'enseignement. Dans cette optique, on diffuse par exemple Nanouk l'Esquimau. Ce sont là les prémices importantes d’un enseignement cinématographique belge qui, plus tard, prouvera sa qualité bien au-delà de ses frontières, avec la naissance d'écoles de renom comme l'INRACI (1938), l'IAD (1959), l'INSAS (1962), Rits (1962) ou la section Arts visuels de La Cambre (1980).
Durant ces années florissantes, pour le cinéma entre autres, l'Association organise régulièrement des rencontres de prestige à la Maison de la presse de Bruxelles. Avec des personnalités comme Fritz Lang (septembre 1932), Suzy Vernon (janvier 1933), Jeannette Mac Donald (mars 1933).



Le premier Festival en Belgique
En 1935, l' APPCB — sous la houlette de Carl Vincent — figure parmi les organisateurs d'un festival international du cinéma à Bruxelles. C’est le tout premier, initié dans le cadre de l'Exposition universelle de 1935. Une compétition de 72 films projetés du 26 septembre au 17 octobre, dans l'Alberteum fraîchement construit (qui sera rebaptisé Planétarium de Bruxelles en 1954).
Le président Léon Duwaerts écrira par la suite ceci au sujet de l’événement: "S'il confirma la prédominance de l'école américaine et les progrès des Anglais et des Belges, festival international du cinéma à Bruxelles montra surtout le merveilleux développement des documentaires et du cinéma scientifique, et nous donna de l'état présent du septième art une notion assez exacte."
L'Association attribue cette année-là le prix Plateau aux films d'animation La Fanfare et Qui a tué le rouge-gorge? de Walt Disney, pendant que Le Mouchard de John Ford récolte le Grand Prix du roi. Un Prix FIPRESCI pour le meilleur reportage cinématographique est, quant à lui, attribué à La Merveille de l'Occident: le Mont-Saint-Michel de Maurice Cloche.
Deux ans plus tard, sur le plan international, 1937 voit naître l'UNICA (l'Union Internationale du Cinéma non professionnel).

1940

années noires

Au cours du conflit mondial, l'Association de la Presse Cinématographique Belge (ex UPCB) cesse de fonctionner. Un certain nombre de membres se trouve en captivité et l'industrie cinématographique en Belgique est dirigée et contrôlée par des adhérents au nouvel ordre.



Exclusion de 11 membres
1944. Première séance depuis la libération. Sous la présidence de l'éminent et dynamique Léon Duwaerts, l'Association prononce sans attendre l'exclusion à vie et à l'unanimité des 11 membres ayant collaboré à des organes parus sous l'occupation. Leur radiation provoque un séisme dans la profession.
Certains sont des ténors du métier: Carl Vincent et Herbert Delport, deux anciens présidents. L’hécatombe n’épargne pas d'autres critiques majeurs, Robert Poulet, rédacteur en chef du quotidien Le Nouveau Journal, ses journalistes Paul Werrie, Jules Lhost et Gaston Derycke, ce dernier auteur du célèbre polar Je n'ai pas tué Barney (1940). Ou encore Marcel de Ceulener, alias René Dylman (Het Volk), Paul Kinnet et Ludo Patris (tous deux de La Libre Belgique), Willem Rombauts (Vooruit) et Marc Dubois, dit Marc Carghese.
Cela signifie pour eux une fin de carrière brutale et définitive dans le journalisme. Certains, arrêtés, choisissent l'exil en France, en Espagne ou en Italie — comme le président et fondateur Carl Vincent — pour éviter une condamnation à mort. Excepté Jules Lhost, membre du parti rexiste, exécuté le 22 mars 1945. D'autres rebondissent dans l'édition de livres, souvent sous pseudonymes. Les noms de ces journalistes ont été par la suite radiés de tous les annuaires officiels de la presse belge.
Si l’Association de la Presse Cinématographique Belge sanctionne 11 de ses membres, spécialisés en cinéma, l’ensemble de la presse belge (l'Association Générale de la Presse belge) radie au total 80 journalistes, toutes spécialités confondues, au terme de la seconde guerre mondiale. Et demande d’appliquer aux intéressés l'article 2 de l'arrêté-loi du 6 mai 1944 "frappant d'interdiction du droit de participer, à quelque titre que ce soit, à l'exploitation, à l'administration, à la rédaction, à l'impression ou à la diffusion d'un journal ou de toute publication, ceux qui auront commis ou tenté de commettre une infraction en temps de guerre, étant inadmissible qu'au lendemain de la libération du territoire, ceux qui ont pactisé avec l'envahisseur s'associent à notre vie publique".

René Jauniaux, président tué en Allemagne
Début avril 1945, René Jauniaux est critique au journal Le Peuple, correspondant de guerre et fils du sénateur socialiste Arthur Jauniaux. Fraîchement élu président 15 jours plus tôt, il part de Bruxelles le 31 mars vers l’Allemagne. Pour accompagner la troisième armée américaine dans son avance au-delà du Rhin. Il se déplace en jeep, avec deux confrères. Voulant dépasser un tank, sur le signe positif d’un commandant, leur voiture braque à gauche. Malheureusement, le tank aussi. René Jauniaux est tué sur le coup. Son malheureux père ne lui survivra que 4 ans. Le prédécesseur de René, Léon Duwaerts, reprend la présidence de l'Association, élu à l'unanimité.
Du 30 novembre au 8 décembre 1945, histoire d'oublier cette sombre et triste période, l'Association organise une Décade du Cinéma, fête qui permet de célébrer les 50 ans du cinéma. Plusieurs orateurs belges et français — tel le cinéaste Jean Painlevé — rendent hommage aux inventeurs et précurseurs du cinéma, certains encore en vie à cette date. L'Association s’avère l'unique organisation au monde à célébrer le cinquantenaire de la première séance du cinématographe, séance qui avait eu lieu le 28 décembre 1895 à Paris.



L'association fait naître le Festival de Bruxelles
En 1946, les représentants de l'Association forment une commission, menée par André Thirifays, pour inciter le gouvernement à voter un important subside à l'asbl qui veut lancer le Festival Mondial du Film de Bruxelles. Le ministre cinéphile Piet Vermeylen pèse de tout son poids pour leur accorder victoire. Il déclare: "S'il y a un Festival à Bruxelles, c'est que la Belgique est cinématographiquement hors-concours". Cela, après une première tentative fructueuse mais plus discrète, en 1935.
Le 21 avril 1946, plusieurs quotidiens, dont La Libre Belgique publient de larges extraits d'un texte émanant de l'Association, concernant le projet d'un important Festival du Cinéma en Belgique. Ceux-ci mentionnent "Les difficultés que vit le Festival de Venise, lancé après l'instauration du régime fasciste à des fins propagandistes (...)".
L'Association précise aussi que "Les dirigeants des grosses firmes américaines, récemment de passage à Bruxelles, voyaient en la capitale belge — ou en Stockholm — un endroit idéal pour lancer un festival de renom. La Belgique, n'étant pas un grand pays producteur, jouissant d'une situation géographique enviable et étant une plaque tournante de l'Occident, constituerait un lien aussi neutre qu'idéal entre monde anglo-saxon et germanique."



Ce festival voit le jour en 1947, du 1er au 30 juin, au Palais des Beaux-Arts, avec des décentralisations en province, accueillant des personnalités comme Claude Autant-Lara, Gérard Philippe, Micheline Presle, Sarah Churchill, Rita Hayworth, Marlene Dietrich, Gregory Peck, Trevor Howard, Jean Marais ou Stewart Granger.
L'événement fait d'emblée un énorme scandale, à la suite de la projection du film Le diable au corps. Dans un entretien accordé au Soir en 2010, Micheline Presle déclare: "À un moment de la projection, sans doute lors d'une scène de lit, l'ambassadeur de France s'est levé et a dit: 'C'est scandaleux, c'est une honte !' Et il est sorti en claquant la porte. Dans mes souvenirs, ça a fait un incident diplomatique important." Citizen Kane d'Orson Welles et Le Fondateur de Charles Dekeukeleire y sont également sélectionnés. Nul ne sait réellement si cet incident diplomatique condamne directement le Festival car, malgré un succès international retentissant, il perd rapidement ses subsides, au grand dam, bien sûr, des membres de l'Association.
Il migre à la côte en 1949 sous une autre forme, pour devenir le Festival international du cinéma expérimental de Knokke-le-Zoute. Officiellement, on dit à l'époque que le Festival de Bruxelles risque de trop concurrencer les festivals de Cannes et de Venise, alors à leurs débuts. Bien plus tard, en 1974, mais avec moins d'ambitions et face à une concurrence (inter)nationale devenue immense entretemps, la ville relance un festival, intitulé aujourd'hui le Brussels Film Festival, qui se déroule de nos jours à Flagey en juin. Et qui, ironie du sort, se trouve actuellement entre les mains d'Ivan Corbisier, un ancien président de l'Association. L'UPCB y décerne depuis plusieurs années un Prix de la Critique.

Quinzaine du Cinéma de Bruxelles
En 1949, l’effervescence d'après-guerre bat son plein et l’Association fête ses 25 ans. Elle organise une Quinzaine du Cinéma, à Bruxelles, avec galas et films. Y sont projetés en avant-premières nationales La Ferme des sept péchés, Le Grand Cirque, Le Moulin du Pô ou encore, The Saxon Charm. On note les présences de Luis Mariano, Anouk Aimée, Blanchette Brunoy, Madeleine Sologne, Honor Blackman et Pierre Mingand. Toots Thielemans, jeune joueur d'harmonica de 27 ans, s'y fait remarquer. Le tout animé par Pierre Vandendries, un présentateur vedette de la radio.

1950

scission et tournant



En 1950, sous le patronage de l'Association, Knokke-le-Zoute organise une Grande saison cinématographique, dédiée au cinéma français. Entre le 1er et le 15 juillet, de nombreuses avant-premières ravissent la Belgique. Six films hors-compétition sont projetés: La Belle que voilà ; Ce siècle a cinquante ans ; La montagne est verte ; La révolution de 1848 ; La Ronde et L'Ingénue libertine.
L'été suivant, en 1951, l'Association remet le couvert. C’est au cinéma américain qu’elle rend cette fois hommage. En ouverture, À l'assaut de la gloire (Follow the Sun), avec Glenn Ford. Le cinéma hexagonal n’est pas dédaigné, avec la projection de Juliette ou la Clé des songes et Le Jugement de Dieu.
En 1953, les activités ralentissent. Tensions internes, trésorerie déficitaire et luttes d'ego plongent l'Association dans une crise irréversible qui ne trouve d’autre issue que l'éclatement. Duquel émerge illico un deuxième organisme, l'Union de la critique de cinéma (l'UCC), cofondée par Pierre Thonon, Joseph Bertrand et Olivier Delville. Ce dernier présente la particularité d'avoir été président des deux associations au cours de sa carrière. Une sorte de compromis à la belge qui soulage tout le monde sur le moment mais qui aura des répercussions à long terme sur le fonctionnement général de la presse cinématographique. Jusqu'à nos jours encore.



Joë van Cottom, président pour... 32 ans !
En 1954, Joë van Cottom, directeur du journal Ciné-Revue (futur Ciné Télé Revue), reprend le flambeau. Non sans hésitation. Ce dernier explique bien plus tard: "En 1954, l'Association de la Presse Cinématographique Belge (ex UPCB) a connu un moment difficile. Une délégation du Comité vint me rendre visite et m'exposa que le gala organisé par le président de la section bruxelloise (démissionnaire), un bal organisé au Cercle Gaulois avec la présence de vedettes anglaises, avait été un fiasco, que la caisse était vide et que l'Association était menacée de disparition. Cette délégation venait me proposer la présidence. Je commençais par refuser car cette présidence ne m'intéressait guère pour diverses raisons mais on m'objecte que je n'avais pas le droit de laisser mourir une association professionnelle dont j'étais un des derniers membres fondateurs et qui avait une caisse d'entraide pour ses membres. Ce sont ces remarques qui ont eu raison de mes réticences".
À propos du cinéma belge, Joë van Cottom, déclare en 1955: "Il n'existe qu'un seul moyen pour la Belgique — et je crois que cela vaut pour tous les petits pays producteurs — de briser le cercle vicieux dans lequel se meurt le cinéma belge: la coproduction (...) La Belgique a toujours constitué historiquement une plaque tournante des diverses civilisations en Europe Occidentale (...) Elle pourrait de même, en matière cinématographique, constituer un trait d'union entre de grands pays."

Militantisme utile
En 1958, Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick est censuré en France, où il ne sort qu'en 1975. Mis sous pression, le cinéma Variétés de Bruxelles choisit de le diffuser. Mais d'anciens combattants belges et français chahutent les premières projections et le film est radié de l'affiche. Ce n'est qu'à la suite d'une mobilisation conjointe de l'Association professionnelle de la presse cinématographique belge (l'ex UPCB) et de l'Union de la critique de cinéma (l'UCC), deux organismes fraîchement scindés mais néanmoins déjà amis, et grâce à une manifestation de 2000 étudiants de l'Université libre de Bruxelles, que les projections reprennent normalement. La presse fait largement écho de cette affaire.

1960-70

essoufflement

Malgré son éclatement, l'Association continue d’organiser galas et distributions de prix mais avec moins de moyens humains et financiers. Et de motivation. L'UCC prend alors de l'importance. Mais la scission ne profite réellement à aucun organisme. Les archives de la Bibliothèque royale de Belgique et de la Cinémathèque royale de Belgique en témoignent. Chacune des deux associations se retrouve déforcée dans ses initiatives. De nos jours, un léger flou persiste dans le milieu professionnel entre elles. Heureusement, avec le temps, ces tensions se sont nettement apaisées. Voire totalement dissipées.


50 ans
Depuis 2 décennies, la télévision s’impose de plus en plus dans les foyers. Et signe la fin de l'âge d'or du cinéma. La presse se désintéresse des Associations de cinéma. Les articles spécialisés se raréfient. Les activités diminuent progressivement, l'Association sombre dans une certaine inactivité même si, en 1975, Joë van Cottom organise un gala de prestige à l'occasion de nos 50 ans.
Durant les années 1970, seule la section d'Anvers, sous la présidence de Marc Turfkruyer, démontre réelle vitalité. Sur le plan international, cependant, et jusqu’en 1981, l'Association se montre très dynamique au sein de la FIPRESCI grâce à des noms d’ici tels René De Borger, Marc Turfkruyer et Denis Marion. Plusieurs membres belges participent ainsi à des jurys de la FIPRESCI, lors de nombreux festivals internationaux de cinéma.

1980

naissance du Prix Humanum

Milieu des années 1980, l'Association retrouve un nouveau souffle. En 1984, un journaliste... français, Michel Mouligny, lance le Prix Humanum, attribué à un film servant de plaidoyer pour vivre en harmonie parmi différents peuples. De jeunes journalistes (re)commencent à s’intéresser à l'organisation, laquelle renforce encore ses liens avec la FIPRESCI.

Fin d’un règne
Joë Van Cottom, président, se retire après 32 ans. Officiellement pour raisons personnelles et de santé. Au bout de son mandat, il déclare à ses membres: "En toute objectivité, il y a lieu de constater — et les preuves sont flagrantes! — que les erreurs commises par la section bruxelloise au cours des 2 dernières années ont valu à l'Association de perdre beaucoup de son prestige vis-à-vis de la corporation cinématographique. Je le déplore profondément." Triste fin, pour celui qui fut l'un des journalistes les plus populaires en Belgique, dans le domaine du cinéma.

1990

création du Grand Prix

Après avoir assuré la lourde succession de Joë van Cottom, les membres de l'Association désirent prendre de nouvelles initiatives. Ils lancent leur Grand prix en 1991, destiné à récompenser le meilleur film de l'année sorti en Belgique.
Avant ce Grand Prix, l'Association remettait, selon les époques et parfois via son Conseil d'Administration, les titres de "meilleur film du mois" et "meilleur film de la saison". En 1996, les membres de l'Association contribuent à l'établissement d'un Prix FIPRESCI, international donc, lors du Festival international du film de Flandre-Gand, le festival le plus coté en Belgique. À la fin de la décennie, l'Association effectue une première incursion en Festival, en remettant un prix de la presse au Festival de Bruxelles, lors des éditions 1998 et 1999. Un événement aujourd'hui dirigé par Ivan Corbisier, ancien président de la section bruxelloise de l'Association.

2000

changement d'appellation

Du début des années 1930 jusqu’en 2005, l'Association fonctionnait sous forme de plusieurs entités régionales. Bruxelles, les Flandres, Anvers, Liège, Hainaut-Namur et même Louvain recensaient alors suffisamment de professionnels pour justifier ces divisions géographiques.
En 2006, dans une volonté de clarté, de fluidité et de modernisation, l'Association modifie ses statuts et réunifie ces sous-organismes, dont certains se dissolvent, pour n'en former qu'un, national. Tous, sauf un, à Liège. Là où, suite de vieilles divergences, subsiste une petite antenne sous l'ancien vocable. L'APPCB-Liège, donc, ne dénombre que quelques membres.
C'est donc en 2006 que l'Association Professionnelle de la Presse Cinématographique Belge prend son appellation actuelle, l'Union de la presse cinématographique belge. L’UPCB.

2010

ère nouvelle

Deuxième décennie du troisième millénaire, l‘environnement médiatique belge est en mutation. L'Union surfe sur ce vent de renouveau et mise sur la jeunesse: son nouveau président a 32 ans. David Hainaut, journaliste indépendant et spécialisé dans le domaine du cinéma depuis 2006, représente l'occasion de sortir l'UPCB de sa longue hibernation. Son élection marque le début d’une nouvelle ère et d’un dynamisme régénéré, réclamés par non seulement les membres mais aussi l'ensemble du secteur.
Ces attentes, le jeune président les a traduites en actions concrètes. D’abord en permettant à l’UPCB de jouer en Belgique, davantage encore, son rôle de prolongateur national à celui de la FIPRESCI, sa "grande sœur" à l'échelle internationale. Mais également en s’attelant à un large et utile processus de re-médiatisation, de représentation, de collecte d'archives et en intégrant de nouveaux membres actifs dans la corporation ─ et/ou jusque-là non-membres d'associations. Plus encore, en relançant la caisse d'entraide — créée en 1927 — ou en décernant divers Prix de la Critique tout au long de l'année, au sein de plusieurs manifestations cinématographiques belges.
Dix festivals belges, au moins, seront ainsi concernés en 2015 par un prix décerné par l'association. C'est également dans cette optique que l'Assemblée Générale a fait voter une recomposition du Conseil d'Administration en 2014, faisant passer celui-ci de 4 à 6 membres. Parmi eux, l'ex-trésorier Jack Mener, journaliste — entre autres — pour la Revue du Cinéma Belge a reçu après de longues années d'absence, le poste de vice-président.